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Alfa Roméo a cent ans… mais ne les fait pas

07/07/2010
Que pouvaient bien avoir en commun Rainier de Monaco, Rita Hayworth, le Roi Farouk ou encore Fangio ? Le goût de la célébrité certes, mais aussi la passion pour cette marque née en 1910 et qui symbolisa la Dolce Vita après les années de guerre avec la sortie de cette Giulietta en 1954, auto glamour, auto sportive, berline, coupé et spider sous une même enseigne, celle du serpent des Visconti et de la croix rouge sur fond blanc, signature héraldique de la ville de Milan.

Du sud vers le nord…
Durant la Renaissance, Milan incarnait la puissance et la réussite. Le dernier des Visconti qui régna sur la ville fut Filippo Maria, et ce jusqu’en 1447. C’est dire si l’histoire avait changé de maîtres.
En cette année 1910, alors que la comète Halley venait juste de passer au-dessus de l’Europe non sans déclencher un vaste mouvement de peur, peut-être un signe du destin alors que Mussolini marchait sur Milan afin de participer au grand congrès socialiste, et la veille de la création à Paris de « L’Oiseau de Feu » d’Igor Stravinski, le 24 juin précisément, naissait rue Gattamalata à Milan, l’Anonima Lombardo Fabrica Automobile ou A.L.F.A., société créée par un groupe d’investisseurs qui venait de reprendre à un français, Monsieur Darracq, son usine basée à Naples. Forte de ses 250 employés, l’ALFA allait pouvoir sortir dès l’automne sa première automobile, l’Alfa 24 HP. On ne parlait pas alors de « dolce vita », tous les constructeurs de l’époque ambitionnaient de se faire une réputation dans le monde de la compétition. Alfa n’y échappera pas, et dès 1911, une première voiture de course sera élaborée. Mais ce sont les années 20 qui verront s’intensifier l’activité compétition, et ce avec comme pilote maison un certain Enzo Ferrari. Pour Fangio il faudra attendre.
Un qui n’a pas envie d’attendre, c’est un certain Nicola Romeo, un ingénieur qui a décidé de quitter son sud natal pour le nord…

Un Romeo au balcon
Il est né en avril 1876 à Sant’Antimo près de Naples dans une famille modeste. Ce qui ne l’empêche pas de décrocher un diplôme d’ingénieur à l’école polytechnique de Naples, avant de s’exiler une première fois quasiment au Pôle Nord, à Liège en Belgique afin d’y étudier l’électrotechnique. De retour en Italie, on le retrouve chef de gare à Tivoli près de Rome, puis représentant en machines outils, avant qu’il ne fonde sa propre société, une fabrique de machines à extraire les minerais. Il fera fortune.
Si le Sud est encore en plein 19e siècle, le Nord de l’Italie invente et se positionne parmi les grandes régions industrielles européennes. D’ailleurs, ce royaume d’Italie, fort de ses 34 millions d’habitants, semble bien décidé à devenir une nation moderne et prospère. C’est donc ici que Nicola Romeo va investir son argent en devenant en 1915, le principal actionnaire de la société ALFA, exigeant par là même que son nom soit associé à l’appellation juridique de la firme : Alfa devient Alfa Romeo.
Lorsqu’il décédera en 1938, l’entreprise était déjà passée sous le giron de l’Etat depuis six ans via une holding. Nous sommes dans l’Italie de Mussolini, depuis 1922 le chef du parti fasciste est le Premier Ministre du Royaume d’Italie, on voit tout en grand, Alfa Romeo fera des camions, des bus et des moteurs d’avions.
Au passage, la fameuse « Scuderia Ferrari », nom donné à l’atelier de compétition crée en 1929 au sein d’Alfa par Enzo Ferrari, deviendra indépendante… sans pour autant d’éloigner de l’ex-maison mère, puis du Groupe Fiat plus tard.

Et voici les années 50
Et Fangio au volant de son Alfetta au début des années 50. L’après-guerre allait faire oublier les exploits des 6C et 8C qui gagnèrent tout en Europe. Mais on ne fait pas vivre des usines où travaillent des milliers d’ouvriers avec les seules autos de course. Il fallait trouver une idée et vite pour doper les ventes. Cette idée aura pour nom Giulietta, un coup de génie avec une berline milieu de gamme au tarif compétitif, aux lignes très modernes, et déclinée en triptyque puisque suivront coup sur coup un coupé et un spider signé Pininfarina en cette année 1954. Cette auto deviendra le symbole de la « dolce vita » et sera immédiatement adoptée par les Américains en vacances en Italie… d’où le succès de la Giulietta par la suite Outre-Atlantique. Bien sûr, c’est la berline qui sera la plus vendue avec quelque 130.000 unités, coupé et spider atteignant les 35.000 ventes. L’auto embarquait un 4 cylindres de 80 chevaux.
Au cours des années 50, la marque commercialisera également la 1900, principalement destinée aux forces de police, mais surtout remportera en 1950 et 1951, le championnat de F1 avec Farina et Fangio.

L’Alfasud
Si la Giulietta fut une auto glamour, l’autre grand succès, qui sera produit à un million d’exemplaires, l’Alfasud, sera la première traction avant de la marque. Nous sommes déjà dans les années 70, rien de bien glamour durant cette période, pas plus d’ailleurs au cours des années 80, hormis peut-être la 90 carrossée par Bertone. Il faut bien le reconnaître, durant deux décennies, les constructeurs firent beaucoup d’efforts pour nous proposer des autos souvent… très moches !
« La dernière véritable Alfa », pour reprendre l’expression de certains puristes, aurait été la 75 sortie en 1985 à l’occasion des 75 ans de la firme milanaise, véritable Alfa car il s’agissait d’une propulsion. L’année suivante, Alfa Romeo intégrera le Groupe Fiat, puis lâchera les chevaux en 1987 avec le diesel le plus puissant au monde, un 2,5 litres embarqué à bord de la 164 TD dessinée par Pininfarina.
Une nouvelle page était à écrire…

La résurrection
Elle ne viendra pas si vite. D’abord, il faudra remplacer la 75 par le 155, et c’est en 1997 que cette nouvelle page sera tournée : Alfa Romeo est « Voiture de l’année 1998 » avec la 156, qui sera suivie d’une GTV et d’un Spider.
Il ne restait plus qu’à aborder le siècle nouveau, 147 (Voiture de l’année 2001), 156 et 156 GTA, puis 159 en 2005 au Salon de Genève, Coupé Brera et Spider dans la foulée, un nouveau chapitre de cette belle histoire était en pleine écriture, il suffisait d’y ajouter une fin (provisoire) heureuse, elle eu pour titre 8C Competizione, cet « Oiseau de Feu » imaginé par Stravinski évoqué plus avant, un bolide présenté en 2007 équipé d’un moteur Maserati de 4,7 litres délivrant 450 chevaux. Une 8C qui sera déclinée « à l’échelle » un an plus tard avec la petite MiTo qui va faire un carton auprès des jeunes conducteurs amoureux de beaux symboles.
Et en guise de conclusion aujourd’hui, ce sera retour à la case « glamour » avec la sortie d’une nouvelle Giulietta que nous vous invitons à découvrir ci-après en pages essais…
« La vie est trop courte pour ne pas conduire une italienne » disait le slogan d’une autre époque. Et si c’était de notre époque ?...

Alfa pour mémoire
1907 : le constructeur français Darracq installe une filiale à Milan
1910 : création de la société Alfa
1915 : l’entreprise passe sous le contrôle de Nicola Romeo
1931 : Alfa gagne les 24 Heures du Mans avec la 8C 2300
1951 : Manuel Fangio est champion du monde de F1 sur Alfa 159
1954 : naissance de la Giulietta
1962 : sortie de la Giulia berline
1971 : commercialisation de l’Alfasud et de l’Alfa 33
1972 : sortie de l’Alfetta
1986 : reprise d’Alfa Romeo par Fiat
1998 : Voiture de l’Année avec la 156
2001 : Voiture de l’Année avec la 147
2005 : sortie de la 159
2006 : Brera et Spider
2007 : voici la 8C Competizione
2008 : commercialisation de la MiTo
2010 : enfin une nouvelle Giulietta

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