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Intenable ?...

08/10/2012
Sont-ils à leur place ? La question devient récurrente face aux nombreux renoncements et autres rétropédalages de ces dernières semaines livrant leur dose de grain à moudre à des médias qui, une fois la lune de miel consommée, les fameux Cent Jours, ces trois mois nécessaires à un nouveau pouvoir pour prendre ses marques, n’ont plus de scrupules à détruire ce qu’ils ont adoré.
Mais force est de constater que cent jours n’ont pas suffi et que le temps semble jouer contre ce gouvernement confronté chaque semaine à sa cargaison de mauvaises nouvelles.

 

Alors oui, certains finissent par s’interroger sur la capacité des deux patrons, le Président de la République et son Premier Ministre, à gouverner le pays. Et de rappeler que le premier n’a géré que l’un des plus petits et plus pauvres départements du pays, et le second une ville de Bretagne. En fait, jamais dans toute l’histoire de la République depuis Jules Grévy en 1879 et Mac Mahon en 1873, un Président de la République ne fut élu sans être passé par l’apprentissage du service de l’Etat au sein d’un ministère (Jules Grévy avait quand même été président de la Chambre des Députés)… Quant à Jean-Marc Ayrault, lui aussi n’est jamais passé par une quelconque responsabilité ministérielle avant de devenir chef de gouvernement. Bien sûr, sous la 5ème République il y eut également Pierre Mauroy, mais la gauche sortait de 23 années d’opposition, et Dominique de Villepin, qui fut tout de même Secrétaire général de l’Elysée, un poste qui confère davantage de responsabilités qu’un ministère.

On dit encore que ce gouvernement est composé de hauts fonctionnaires – c’est le grand retour des énarques – et d’élus locaux, les deux n’ayant pas vocation à affronter les tourmentes économiques internationales. D’où peut-être cette approche un tantinet chaotique face à la crise, d’où cette ignorance des réalités du monde de l’entreprise, et d’où ces égarements et ces reculades sur des dossiers majeurs. Le vendredi on défait ce qu’on a annoncé le lundi, et on ne sait même pas si le lundi suivant tout sera encore valable… 

 

Jusqu’à quand la position est-elle tenable ?

Disons-le, l’impression est qu’il n’y a pas de véritable patron, chacun semble pouvoir sortir du peloton pour tenter une échappée afin de marquer des points au sommet du col. Un exercice qui oblige finalement François Hollande à se « sarkozyfier » en courant de ville en ville et de média en média afin de rappeler que c’est lui qui a le maillot jaune. Difficile aussi pour les Valls, Montebourg, Fabius, Duflot et autres Moscovici d’adopter une posture de porteur de bidons.

« Non, il n’y aura pas de hausse de la CSG » rappelait-on fermement après les rumeurs du début de l’été. « On y réfléchit » nous dit-on aujourd’hui, mais en rassurant le peuple, seuls les plus riches seront concernés, c'est-à-dire tous les salariés, les retraités, les détenteurs d’assurance-vie et autres placements, même modestes ! Après tout, peut-être irons-nous vers une augmentation de la TVA, mais qu’on n’appellera pas « TVA sociale », faut pas charrier !

Nous avons également entendu le même couplet sur la défense des entreprises, moteur de la croissance, ces mêmes entreprises que l’on s’apprête à saigner dans leur déclinaison la plus modeste, celle des TPE, commerçants, artisans et auto-entrepreneurs par une augmentation massive des charges… tout en expliquant que l’on va dégager 40 milliards sur ces mêmes charges en les transférant, peut-être sur la CSG.  Allez comprendre !

En fait, le refus de taper « généreusement » dans les dépenses publiques, seule condition à un retour d’une vraie croissance et non pas un croupion qui oscillerait entre + 0,2% et – 0,1%, ce qui va nous arriver pendant des années, seule condition à la reprise des embauches synonyme d’embellie fiscale pour l’Etat à travers les charges et les impôts, ne pourra bénéficier d’aucun plan B car il n’y a plus aucune marge pour le mettre en œuvre.

On le sait, quand on a été élu sur un gros mensonge, il devient chaque jour un peu plus compliqué de tenir ce Cap Bobard, et à un moment ou un autre il faut bien annoncer aux passagers et à l’équipage que l’on coule.

Et on va couler, c’est désormais acté. Souvenez-vous au début de l’été on nous annonçait qu’il fallait trouver 6 à 7 milliards pour boucler les fins de mois, un truc que l’on allait réaliser les yeux bandés et les mains dans le dos semblait nous dire sa « Normalité ». Trois mois plus tard, on parle de 30 ou 40 milliards, mais on sait bien qu’il faudra dénicher au moins cent milliards supplémentaires courant 2013, en gros le trou (pas le déficit) de cette année sans croissance ajouté à zéro de croissance l’an prochain (n’oublions pas que nous en sommes au 5ème trimestre sans croissance, une première depuis les années 50).

En clair, en 2011 le gâteau France à se partager faisait 100, en 2013 avec plus de monde autour de la table il fera toujours 100. Pas la peine de sortir d’un stage à l’ENA pour comprendre qu’il faudra couper des parts de plus en plus petites.

 

Oui, un plan B existe

Attention, nous abordons ici des zones à risques, une sorte de Triangle des Bermudes capable de faire disparaître tout responsable politique qui s’y hasarderait. Ce plan B pourrait consister à sortir un million de fonctionnaires des effectifs actuels, ce qui va bien plus loin que le non remplacement d’un sur deux qui n’a quasiment aucun effet sur le coût global, une sortie bien sûr accompagnée sur un ou deux ans de véritables formations avec salaire intégralement versé durant cette période. Le Canada a réussi cette mutation, pourquoi pas nous, et si on prend le temps de la réflexion au lieu de s’arc-bouter sur le seul statut et ses avantages, on s’apercevra très vite que l’idée permettrait à de nombreux fonctionnaires sans véritable avenir de promotion, de trouver là une alternative honorable et mieux rémunérée.

Mais ce plan B ne peut fonctionner sans un autre impératif, couper efficacement dans les allocations, là encore, sortir d’un système d’aides à vie pour des gens qui parfois y trouvent un modeste confort. Souvenons-nous que les transferts sociaux représentent plus de 550 milliards d’euros chaque année. Il y a sûrement de quoi trouver des solutions ailleurs que dans la marge.

Est-ce folie de dire cela ? Certainement puisque nous avons décidé de faire complètement le contraire en embauchant massivement de nouveaux fonctionnaires et pseudo fonctionnaires (emplois aidés), et en augmentant les allocations que l’on verse avec l’argent que l’on n’a pas. D’où les déficits prévus, d’où les 100 milliards à trouver d’urgence en 2013… et peut-être 150 ou 200 milliards en 2014.

Entre nous, on devrait commencer à repérer les chaloupes…

 

J. Nimaud

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