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Notre-Dame des (Ho)Landes…

26/11/2012
Lorsque Michel Debré, ministre du Général de Gaulle, décidait au milieu des années soixante l’extension du camp militaire du Larzac, il n’imaginait pas que cette décision allait entraîner un mouvement de protestation et de désobéissance civile non-violente qui durerait plus de dix ans, puisque c’est François Mitterrand, après son élection en 1981, qui fermera définitivement le dossier. Certains ont connu leur moment de gloire à cette occasion, en ont même profité pour entrer en politique à l’instar de José Bové.

 

 

Cap à l’Ouest ?

Au Grand Ouest même puisque c’est le nom de ce nouvel aéroport que Jean-Marc Ayrault, ex-député-maire de Nantes souhaitait pour sa ville et sa région, un aéroport qui viendrait remplacer celui qui existe actuellement et qui, semble-t-il, ne correspond plus au statut de capitale régionale de la cité du Petit Beurre parce que saturé.

Pourtant, apparemment, avec trois millions de passagers, l’actuel site « Nantes Atlantique » serait loin d’être à son maximum, même avec une seule piste, en comparaison, l’aéroport londonien de Gatwick accueille chaque année plus de 20 millions de passagers, avec également une seule piste.

Mais voilà, c’était sans compter sur les décroissants et autres écologistes et altermondialistes qui ont décidé de faire de Notre-Dame-des-Landes le nouveau chef-lieu de la contestation citoyenne, une contestation devenue nationale car, entre-temps, monsieur Ayrault a changé de statut en accédant au poste de monsieur Premier. Et vous avouerez que c’est déjà plus pratique pour mobiliser quelque 500 gendarmes missionnés pour déblayer le terrain occupé par dix-sept chèvres, trois poules et une centaine de squatteurs. Au passage, que n’aurait-on pas entendu si monsieur Fillon avait envoyé la troupe afin d’expulser ceux qui occupent illégalement ce terrain.

Désormais, bien imprégné de sa nouvelle fonction, Jean-Marc Ayrault semble ne pas être impressionné par cette « guérilla », lâchant un brin provocateur, « Nous ne nous laisserons pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre ». On ne lui donnera pas tort, car si on écoutait ces altermondialistes et décroissants cités plus avant, nous n’aurions toujours pas l’eau sur l’évier et la bière au frais. Le hic, c’est qu’il y a seulement six mois, l’alliance des socialistes et des Verts a permis à ce même Jean-Marc Ayrault d’obtenir son CDI à Matignon.

Aujourd’hui, afin de calmer la grogne montante, le pouvoir décide de créer une commission ad hoc (une de plus !) dont la mission sera de donner du temps au temps, en clair, tenter d’embourber la contestation avec les frimas de l’hiver. Mais pas question de revenir sur le principe assure-t-on dans le même temps, on va juste voir comment protéger la flore et la faune du site. Six mois, c’est le timing proposé par le gouvernement. 

Et après ? Les opposants veulent aller devant la Cour Européenne de Justice. Il serait étonnant que cette dernière condamnât le gouvernement français sur un  tel dossier qui ne concerne que les affaires françaises. Donc, on imagine que la fronde va perdurer dans le Grand Ouest, sauf si bien sûr François Hollande décide de mettre fin au débat en abandonnant le projet contesté, le pouvoir ne pouvant pas se permettre d’avoir à gérer un nouveau Larzac en pleine campagne des municipales.

 

Jean-Yves Curtaud

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