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Il reste beaucoup de marches…

11/12/2012
Aurait-il suffi d’emporter trois législatives partielles pour que le moral de l’opposition passât de couvert à dégagé ? La belle affaire ! Bien sûr, cela peut faire du bien aux électeurs de l’UMP, ballottés, moqués, et peut-être même en plein doute, de gagner trois scrutins sur trois six mois après une défaite, cela montre que la politique menée jusqu’alors n’a pas réussi à mobiliser le camp du « changement maintenant ».
Oubliant le passage par le bureau de vote, la gauche est allée faire son marché de Noël pour un plein de boules, histoire de montrer son mécontentement face au chômage qui poursuit sa progression, face aux nombreuses charrettes, aux revirements et autres reculades du pouvoir.
Alors certes, l’UMP a profité de la situation dans trois circonscriptions, mais cela ne doit pas forcément rassurer l’opposition car il reste les 9/10ème du chemin à faire pour renverser la situation, en clair François Hollande a brûlé un semestre, il lui en reste neuf à passer au château.
« Qui s’applique à une partie d’un tout », c’est la définition d’une partielle, rien de plus.

 

 

D’autres partielles…

Souvenons-nous des cantonales de 1982 et des municipales de 1983 qui furent désastreuses pour le pouvoir issu de mai 1981. Il aura quand même fallu attendre 1986 pour une cohabitation de deux ans, et 1993 pour une autre cohabitation. Mais à l’Elysée, Mitterrand n’a pas bougé avant 1995, soit treize ans après ces fameux revers électoraux. Voilà la réalité.

Le premier grand rendez-vous de la droite (et des autres) aura lieu en mars 2014 lors des élections municipales. C’est à ce moment-là que l’opposition d’aujourd’hui aura la possibilité de poser la première pierre d’un nouvel édifice. Et peu importe de savoir si l’UMP sera tenue par Copé ou par Fillon, ou si les « yougoslaves du parti », c'est-à-dire les non-alignés arriveront à faire céder les deux prétendants au titre, car le temps n’est pas à la désignation du prochain candidat à la présidentielle de 2017 mais à la préparation de ce que sera une éventuelle alternance. 

L’heure est à la réflexion, puis viendra le temps des propositions et enfin celui des candidatures. Il faut quand même savoir ce qu’on va mettre dans une victoire, histoire de ne pas faire un truc à la Hollande !

 

Expliquer le message

Trois élections isolées ne font pas le printemps, pas plus qu’une large victoire aux municipales ne changera la donne, les socialistes seront au pouvoir jusqu’en 2017, ils ont les moyens de mener le pays comme bon leur semble, ils peuvent empiler des erreurs sur des incohérences, se tromper, réformer à contre-courant, et même le retour d’une majorité de droite au Sénat ne changerait pas cette évidence.

Au moment de la cuisante défaite aux municipales de 1983, Louis Mermaz, alors Président de l’Assemblée Nationale, très remonté contre les médias qu’il rendait responsables de ce désaveu (la gauche venait de perdre 31 grandes villes et lui-même fut à deux doigts de chuter dans sa ville de Vienne) eut cette phrase provocatrice : « Peut-être faudra-t-il un jour que nous créions de petits journaux polycopiés, comme dans la Résistance… » L’époque n’est plus aux bulletins polycopiés, mais l’opposition devrait réfléchir à la manière de passer son message. La dernière campagne présidentielle ne fut pas, à mon humble avis, un modèle de communication réussie, peut-être serait-il temps que Paris arrête de se mirer le nombril et que les « staffs de com » sortent de leur bulle où on ne rencontre que des gens de la communication, des sondeurs et des stars de la presse… parisienne.

Oui, l’UMP a bien passé ses premières partielles, comme le PS a gagné toutes les élections lorsque la droite était au pouvoir, c’est un peu les revers de la démocratie, sanctionner systématiquement ceux qui sont aux commandes. 

Quant à ceux qui s’interrogent sur le rôle des médias qui promettaient au parti de la droite républicaine quelques déroutes électorales et un siphonage de ses électeurs par le Front National, qu’ils se souviennent des effets désastreux du congrès de Reims pour l’image du Parti Socialiste, là encore on ne donnait pas cher de ses chances aux présidentielles. Et pourtant, les socialistes ont gagné en mai et juin derniers, et pourtant l’UMP a bien passé ce test des législatives partielles. Comme quoi c’est le plus souvent l’environnement socio-économique du moment qui fait ou défait une élection. Ainsi, il y a fort à parier que l’UMP et ses alliés de l’UDI gagneraient aujourd’hui les législatives perdues en juin.

 

Inventer, fabriquer, vendre

Désormais, en attendant la suite, la droite devra travailler, travailler à la Réforme, celle qui nécessite un grand R et beaucoup d’air, celle qui mettra enfin le pays à l’heure du 21ème siècle, un pays qui saura inventer, fabriquer et vendre. 

Ne perdons jamais cet objectif de notre champ de vision car il est le seul à être en phase avec le reste du monde qui menace de nous abandonner au bord de la route. Le reste n’est que de l’enfumage et de la réforme à deux balles pour faire plaisir aux sous-marques d’un parti au pouvoir. Inventer, fabriquer, vendre, la réussite passe par ce triptyque faute de quoi préparons-nous à dégringoler « grave » comme on dit aujourd’hui. N’oublions pas que les bonimenteurs qui nous promettent des emplois publics, plus de services publics, des retraites dans la force de l’âge, des allocations empilées sur des allocations et le mariage pour tous pour faire moderne et branché, sont des gens qui n’ont jamais rien inventé, jamais rien fabriqué et jamais rien vendu, la seule compétence qu’on peut leur reconnaître c’est de savoir dépenser l’argent des autres.

 

J. Nimaud

 
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