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Entre le « Désir » et la réalité

22/04/2013
Les vieux démons sont de retour rue de Solferino à en croire les déclarations sulfureuses du Premier secrétaire Harlem Désir après la manifestation du 21 avril des anti-mariage pour tous, évoquant rien de moins qu’un « acte fondateur entre la droite et l’extrême droite », tout en « dénonçant la manipulation politicienne de la droite et de l’extrême droite ».

 

Apparemment, monsieur Harlem Désir n’a rien compris au mouvement de protestation pacifique qui rassemble à chaque fois des dizaines de milliers de Français, il préfère, semble-t-il, ne regarder que les quelques excités et provocateurs professionnels qui ne sont là que pour en découdre avec les forces de l’ordre au moment des dispersions de manif. D’ailleurs, le même Harlem Désir est étrangement silencieux lorsque des éléments d’extrême gauche jouent les casseurs après des manifestations de gauche. Sans doute sait-il faire la différence entre les bons et les mauvais perturbateurs. Les bons sont ses alliés électoraux de toujours, les autres de dangereux fascistes qui en veulent à la République. 

Il est tout de même étrange que le Premier secrétaire du parti au pouvoir soit autiste à ce point, réfugié, dans son blockhaus idéologique il persiste dans sa marche en avant forcenée d’un changement de société, même si cela doit se faire au mépris d’une bonne moitié des Français, c’est sa façon à lui d’en appeler au consensus : « Rien ne devra entraver la marche de la République vers l’égalité » rappelait-il après la manifestation du 21 avril. 

 

Entraver la marche d’un pouvoir à 25% ?

En quoi « la marche de la République vers l’égalité » est-elle entravée lorsque le gouvernement et le Président décident, sans consulter le peuple, de changer fondamentalement les lois sur la famille par un simple vote d’une majorité que l’on a forcément quand on vient de gagner les élections ? Peut-on rappeler à monsieur Désir que le pouvoir actuel culmine à environ 25% dans les sondages et qu’il serait balayé en cas d’élections. D’où l’absence de referendum en la matière, les Français risqueraient de répondre à une toute autre question : voulez-vous oui ou non garder le pouvoir actuel ?

Quant à « l’acte fondateur entre la droite et l’extrême droite », soyons sérieux, le thème éculé aujourd’hui servait déjà à François Mitterrand, le Président socialiste qui fit entrer 35 députés à l’Assemblée Nationale en 1986 pour tenter de sauver sa majorité. De plus, on peut rappeler à Harlem Désir que les voix du FN ont plus souvent fait gagner la gauche que la droite lors des triangulaires, la victoire de la Gauche Plurielle en 1997 en est le parfait exemple. C’est quand même le parti Socialiste qui a fait renaître une formation d’extrême droite rentable électoralement parlant, alors si on se mettait à chercher un acte fondateur, peut-être le trouverait-on au milieu des années 80 sous le premier septennat de Mitterrand…

Entre nous, monsieur Désir serait mieux inspiré en s’exprimant sur le chômage et les soucis économiques de millions de Français qui, en ce moment, ne se sentent absolument pas concernés par le débat sur le mariage pour tous.

 

J. Nimaud

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