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Salon auto de Genève : retour au rêve ?...

04/03/2016
Salon Automobile de Genève 2016

On le sait, notre situation économique n’est pas un modèle du genre, déficits, dette, chômage forment toujours ce triptyque infernal dont nous aurons du mal à nous défaire tant que nous persisterons à croire que le salut vient uniquement de l’État, mais les chiffres rassurants, voire encourageants des ventes de voitures neuves en 2015, et sur les deux premiers mois de cette année, ont redonné des couleurs à l’industrie automobile française. Européenne également, car cette vague positive touche une grande partie du marché européen, et sur les stands d’un grand salon international (et annuel) comme celui de Genève, ce changement prend vite des allures de retour au rêve, celui d’une automobile prête à traverser une deuxième siècle de bons et loyaux services. C’est indiscutablement ce que nous avons ressenti à l’occasion des journées réservées à la presse qui précédaient l’ouverture officielle du salon le 3 mars.

 

 

Électrique, mais pas que, loin s’en faut !

Bien sûr, les médias nationaux aiment reprendre en chœur ce refrain qui date un peu : c’est l’ère de la voiture électrique ! Et d’annoncer des progressions de 20 ou 30% des ventes sur un an. Mais 30% de 10.000 immatriculations (chiffres de 2014), cela nous mène au mieux à 13.000, sur un marché d’environ 1,9 million d’immatriculations en France. Nous ne sommes même pas à 1% du marché. Nos voisins suisses, sensibilisés à ce phénomène depuis plus longtemps que nous, ont atteint les 4% de parts de marché en 2015 pour ces voitures dites « propres » (tout compris, gaz, hybrides, électriques). C’est dire si la marge est conséquente, une marge synonyme quand même d’espoir car les progrès sont avérés en la matière, la voiture électrique avec une autonomie de 400 km – donc, une voiture normale ! -, n’est plus très loin de sortir du garage. Il faudra y mettre le prix certes, mais l’effet de masse sera propice à une chute rapide des coûts de fabrication. Quoi qu’il en soit, désormais tous les grands constructeurs ont mis au programme ce mode doux à travers toutes sortes de véhicules, de la petite citadine à la berline de luxe.

Les révélations de l’automne dernier concernant ces fameux « logiciels truqués » installés par Volkswagen sur certains véhicules diesel annonçaient une révolution nous disait-on alors. Certains voyaient même le géant allemand plier les gaules ! C’est méconnaître les attentes des consommateurs. N’oublions jamais qu’un client qui achète une Golf n’achète pas une Volkswagen, mais une Golf ! Et éventuellement aussi une auto allemande : « Das auto » dit la pub. Croyait-on vraiment récupérer des « déçus » de la firme de Wolfsburg en leur vendant nos Twingo, 208 et autres Mégane sans coup férir ? L’achat automobile, tant chez les hommes que chez les femmes, est souvent une « affaire de cœur » : on craque pour une ligne, pour une marque, pour un style de vie… le fameux « Life Style » cher aux constructeurs. Alors, un pauvre logiciel truqué qui annoncerait une consommation de 5 litres au lieu des 7 litres que vous faites habituellement, ne pourra rien contre ces coups de cœur.

Voilà pourquoi, malgré les critiques acerbes d’associations de consommateurs (qui souvent ne représentent qu’elles-mêmes), les véhicules diesel  résistent plutôt bien, voire progressent dans certains pays comme la Suisse encore (+ 12,5% en 2015). Et ce n’est pas un hasard, les développements technologiques rendent ces moteurs toujours plus propres et plus sobres.

 

 

Ce qui est rassurant également, c’est la nette progression des ventes de voitures essence dans les catégories citadines, il faut dire que beaucoup d’entre elles ne sont plus disponibles en mode diesel.

Enfin, on notera également la continuité de la progression des ventes de SUV, voire faux 4X4, ces véhicules sont dans l’air du temps, ils incarnent le voyage, les vacances, la découverte, ils sont rassurants grâce à leur position de conduite élevée, ils offrent souvent la même habitabilité que les anciens monospaces, et leur multiplicité dans les gammes de beaucoup de constructeurs a largement contribué à leur développement commercial.

On ne peut pas terminer ce tour du propriétaire sans évoquer les remarquables avancées technologiques installées souvent de série sur les automobiles actuelles, qu’il s’agisse de systèmes de sécurité ou de confort, ou ceux liés aux nouvelles technologies de communication. Nos autos sont désormais intelligentes, connectées, voire un tantinet autonome, par exemple lorsqu’il s’agit de faire un créneau en ville.

Oui, l’auto peut encore faire rêver, c’est ce que nous avons constaté à deux pas du Léman à l’occasion de ce 86e Salon de Genève. Ce rêve n’a jamais failli tout au long du 20e siècle, et le succès de l’auto, qui s’est forgé sur cette devise, « aller où on veut et quand on veut », n’a pas terminé son voyage à travers tous les continents.

 

 

Quoi de neuf ?

On nous annonçait « quelque 150 premières mondiales ou européennes » pour cette édition, quasiment un festival de nouveautés. N’exagérons pas, certaines ne concernent qu’une infime minorité de consommateurs. Disons qu’une bonne vingtaine de nouveautés dites grand public attendaient les visiteurs et futurs clients sur les moquettes de Palexpo à Genève. Alors, bien sûr, il y a du médiatique, du lourd, du mythique genre Maserati Levante ou le SUV façon Trident, genre Ferrari GTC4Lusso embarquant un V12 de 690 chevaux et équipée de quatre roues motrices et directrices, sans oublier la nouvelle Veyron de Bugatti ou la Quant électrique qui annonce plus de mille chevaux ! Mais celles-là ne parlent qu’aux Bentley et autres Aston Martin voisines, elles sont la vitrine de l’exception automobile, retour au rêve…

Plus concrètement, Genève cette année nous a proposé quelques vraies nouveautés pour tout le monde (ou presque), et pour commencer notre constructeur national Renault qui faisait le show avec le nouveau Scénic 4e génération, sans oublier de mettre sous les feux du stand de la Mégane et de la Talisman. Chez les français de PSA, il fallait voir le restylage de 2008 chez le Lion ou le retour de la Méhari façon Chevrons. Le groupe a également fait cause commune avec un ludospace baptisé « Space Tourer » chez Citroën, et «Traveller » chez Peugeot. On a également bien compris que DS est désormais une marque à part entière, chacun chez soi et chacun son stand.

Après avoir décliné sa 500 sur tous les modes, l’italien Fiat nous refait le coup de la nostalgie avec le retour de la Tipo. Problème, personne n’est nostalgique de cette berline de la fin des années 80, disons qu’elle va prendre la place de la Bravo, et pas plus. Chez le cousin Alfa Roméo, nostalgie encore avec le retour 50 ans après de la Giulia… intensément rouge ! Petite larme, on a aussi remarqué l’absence de Lancia, la belle firme a disparu de nos marchés, fin d’une aventure latine.

 

 

Nouveautés grand public toujours avec le sortie du Q2 chez Audi (il ne manque que le Q1), du nouveau Tiguan chez Volkswagen, très élégant et qui ressemble de plus en plus au Touareg, du petit coupé musclé et dynamique M2 de BMW (avec V6 biturbo), ou encore de la grosse Mercedes Classe E (avec une ligne avant surprenante) pour rester Outre-Rhin. On notera encore la nouvelle mouture du Mokka et l’Astra Sport Tourer chez Opel (qui profitait de son titre de « Voiture de l’année 2016 » pour l’Astra décerné la veille de l’ouverture du Salon), la Skoda Superb en SportLine (et superbe !), le retour de Ssangyong avec son SUV Tivoli, le coup de jeune pour le Subaru Forester, l’imposante berline premium S90 de Volvo, l’incroyable Range Rover Evoque en version cabriolet qui nous laisse un peu perplexes, le nouveau Ford Kuga et enfin, toujours au garage Ford, la présentation du gros SUV Edge dont la commercialisation en France devrait débuter avant l’été. A noter que la marque Ford déclinait son stand uniquement avec sa finition « Vignale », peut-être espère-t-on créer chez Ford une marque dite de luxe, à l’instar d’Infiniti et Lexus chez Nissan et Toyota. Entre nous, c’est pas gagné ! Beaucoup diront que « Vignale » prend la place de « Ghia ». Pas plus… mais on ne peut empêcher les mauvaises langues de fonctionner. Plus modeste, la berline Baleno prenait du bon temps sur le stand Suzuki, une inédite, tout comme l’élégant SUV (de 4,36 mètres) Ateca de Seat, disponible en version 4 roues motrices et boîte DSG. 

Deux mots sur une « révolution », le Boxster de Porsche passe de 6 à 4 cylindres, mais gagne en puissance, 300 et 360 chevaux, et en efficience avec des consommations réduites. Et une ligne toujours renversante pour ce cabriolet à deux places… et deux coffres !

Genève, c’est en prime une présence ostentatoire des carrossiers de luxe, des concepts annonciateurs de futurs modèles de série, et des autos les plus folles issues de constructeurs parfois peu connus du grand public, mais qui trouvent leur clientèle de ce côté-ci du Léman.

Cette 86e édition se déroule du 3 au 13 mars.

 

A Genève, Jean-Yves Curtaud

 

 

 

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