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Au pays merveilleux de Hollande

30/10/2012

Le 3 août dernier, le ministre du Redressement Productif transmettait à la Commission européenne une demande de mise sous surveillance des importations de véhicules en provenance de Corée du Sud, un peu comme on contrôlait les touristes qui ramenaient une bouteille de Chianti à la frontière de Vintimille dans les années 50 ou 60. Le ministre Montebourg s’attaquait à Hyundai et Kia qui « faisaient qu’à nous faire des méchancetés ! »

Fin octobre, cette même Commission signifiait au gouvernement français une fin de non recevoir arguant du fait que ces constructeurs ont énormément investi en Europe, usines de production et centres de développement entre autres, sans oublier la plate-forme du port du Havre qui sert de centre de regroupement de tous les véhicules qui seront ensuite dispatchés sur le continent.

Voilà un exemple significatif d’un effet d’annonce qui ne sera suivi d’aucune mesure efficace ou concrète. Malheureusement, depuis quelques mois, ces pas de tango sont quasi quotidiens. Osera-t-on rappeler le message du Premier Ministre sur les 35 heures du lundi 29 octobre ? « Revenir aux 39 heures pourquoi pas, il n’y a pas de sujet tabou pour redresser l’économie » nous expliquait le chef du gouvernement. 

Et fait rarissime, c’est l’un de ses ministres, M. Sapin, qui a recadré Jean-Marc Ayrault, lequel est revenu s’expliquer – ou s’excuser ? – le lendemain sur les radios afin de rappeler qu’il défendra toujours les 35 heures. Peut-être aurait-il mieux fait de recadrer Jean-Luc Mélenchon après ses propos sur les « 98 bons à rien » qui sont à la tête des plus grosses entreprises françaises. Même pas grave apparemment. Cela montre bien le mépris que ces gens ont pour le monde de l’entreprise. Ils sont vraiment sur une autre planète… ou un « astre mort » pour reprendre l’expression de ce même Mélenchon à propos du Parti Socialiste !

Et on ne parlera pas du rapport Gallois classé verticalement avant même sa parution parce qu’il n’était franchement pas en adéquation avec les attentes des militants du parti. On le dira victime du tri sélectif !

Le modèle de notre Premier Ministre est Pierre Mendes France. S’il continue à ce rythme-là, il risque fort de connaître la même longévité que son illustre prédécesseur à la tête du gouvernement… soit huit mois !

 

Pour le pays ou pour le parti ?

Le problème est bien là. Depuis l’été, la presse fait ses choux gras avec les couacs de la majorité, ces hésitations qui confinent à l’amateurisme, alors qu’en fait le gouvernement et le Président ne savent plus comment s’en sortir : est-ce qu’ils doivent appliquer la bonne politique pour le pays ou pour le parti ? Et les deux ne sont pas compatibles, il suffit de se souvenir du temps de la campagne pour s’en convaincre. Fondamentalement, l’électorat du PS et de ses alliés qui font la majorité n’a toujours pas passé le cap de l’an 2000. On ne dira pas que tous comptent encore en francs… parce qu’ils ne comptent pas. Le seul leitmotiv est la dépense, plus de dépenses publiques et de dépenses sociales. Quant aux déficits, peu importe, on trouvera des riches pour payer.

Voilà pourquoi le lundi on annonce une mesure qui peut aller dans le bon sens, mesure aussitôt démentie le mardi. Lors de son accession au pouvoir, Tony Blair fut critiqué par les médias, accusé de trop souvent marcher dans les pas de Mme Thatcher. Et que répondit-il ? « Je fais ce qui est bon pour mon pays, pas pour mon parti. » Bien sûr, on peut inverser les deux et bienvenue au pays merveilleux de Hollande ! Espérons seulement que cela ne durera pas cinq ans et qu’enfin, d’ici à peu, les annonces seront suivies de faits, faute de quoi avec de tels changements on n’osera même plus commander la dinde pour Noël, des fois que Vincent Peillon ne décale les vacances de fin d’année au mois de mai afin d’éviter aux vacanciers les routes dangereuses de l’hiver.

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