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Industrie en danger ?

16/03/2012
Le « made in France » s’est invité au fil de la campagne électorale comme in Saint Graal qu’on agiterait pour souder le peuple derrière la bannière tricolore. Et même si les politiques sont sincères sur ce sujet qu’ils ne maîtrisent pas vraiment, c’est justement parce qu’ils ne le maîtrisent pas que les grands capitaines de l’industrie décident unilatéralement de plier les gaules pour s’en aller produire sous des cieux beaucoup plus accueillants en coûts salariaux.

  

 

L’exemple le plus parlant est peut-être celui de notre industrie automobile, qui existe encore. Dans un monde qui est passé en 25 ans d’une production mondiale de 32 millions d’unités à 60 millions (2010), le nombre d’automobiles fabriquées sur le sol français par les constructeurs nationaux est tombé au niveau de celui des années 60. Pourtant, ces mêmes constructeurs français ont produit plus de 5 millions de voitures à l’échelle mondiale l’an passé, mais moins de deux millions en France. 

On peut par exemple noter qu’une seule Renault sur cinq est fabriquée intra-muros.

Mauvaise pioche également pour l’Italie qui est passée de 1,5 millions d’autos fabriquées sur son sol en 1985 à à peine 600.000 l’an passé. Des scores bien en dessous de ceux de l’Espagne, de la Pologne, de la République Tchèque, et au niveau de ceux de la petite Slovaquie. Et l’alliance avec Chrysler risque d’aggraver cette situation.

Bien sûr tous les pays ne connaissent pas la même évasion de productivité, ou pas forcément dans les mêmes conditions. Ainsi, l’Allemagne, qui produit énormément d’autos à l’étranger (plus de deux millions en Chine) a su garder une importante production locale, celle-ci étant même en forte progression. De même pour la Grande Bretagne qui, après la mort de ses marques, a su attirer sur son sol des constructeurs japonais (Nissan, Honda, Toyota) et augmenter sa production intra-muros.

Sur le continent asiatique tout ne va pas si mal, le Japon produit à la maison de plus en plus d’automobiles, quant à la Chine, elle est passée en 25 ans de « rien » à plus de 11 millions de voitures nationales et étrangères produites l’an passé, production quasiment réservée au marché national.

Le constat est amer, la France et l’Italie n’ont pas su protéger leur production, c’est un constat significatif de l’état d’esprit de ces grands patrons qui n’ont plus la flamme « patriotique » parce que trop soucieux du confort de leurs actionnaires. A décharge quand même, impôts, charges et contraintes sociales ne font pas de cadeaux à cette industrie qui part comme peau de chagrin…

 

Les différents sites des constructeurs français

Aujourd’hui, la production de voitures particulières et utilitaires légers en France se résume à 6 sites pour PSA (Sochaux, Mulhouse, Hordain, Poissy, Rennes, Aulnay), et 6 sites Renault (Batilly, Maubeuge, Douai, Dieppe, Sandouville, Flins).

Dans le même temps, PSA est présent deux fois en Espagne, au Portugal, en République Tchèque, en Roumanie, en Autriche, en Italie, en Chine, au Japon, en Turquie, au Brésil, en Argentine.

Quant à Renault, on trouve les sites de production trois fois en Espagne, au Royaume Uni, en Slovaquie, en Roumanie, en Russie, en Corée du Sud, en Inde, en Iran, en Turquie, au Maroc, en Argentine, au Brésil, en Colombie, au Mexique et en Afrique du Sud  (sources CCFA).

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