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Quelques cépages locaux…

29/01/2013
Mondeuse, Pineau d’Aunis, Tressallier, ils sont Savoyard, Vendômois, Auvergnat, voici des cépages surprenants qui sont à l’origine de vins élégants et savoureux à déguster au plus vite… et toujours avec modération.

 

Pineau d’Aunis et vendômois

Ils sont indissociables ici dans le Val de Loire. Du moins du côté de Vendôme où l’on travaille ce cépage local, le Pineau d’Aunis, véritable machine-outil à fabriquer les Coteaux du Vendômois rouges. Des rouges encore méconnus et qui pourtant méritent toute notre attention. Charnus, fruités et épicés, vigoureux par leur filiation avec ce Pineau d’Aunis qui fait des merveilles et que les moines cultivaient déjà au Moyen-Âge, ces Coteaux du Vendômois sauront vous conquérir par leur simplicité et leur bravoure à l’instar de ces deux exemples dégustés pour vous : 

« la Montagne Blanche 2011 » de la Cave Coopérative du Vendômois (41100 Villiers-sur-Loir) est née d’un trio, Pineau d’Aunis certes, avec aussi du Cabernet et du Pinot Noir, un assemblage subtil qui permet de pacser le minéral et le végétal, les épices et la cerise, la fraîcheur et l’onctuosité… de quoi espérer des jours meilleurs malgré l’avalanche de mauvaises nouvelles qui passent en boucle. Pour 5,00 €, cette « Montagne » deviendra un sommet de plaisir !

Avec Charles Jumert – Cave de la Berthelotière (41100 Villiers-sur-Loir) c’est un 100% Pineau d’Aunis qui nous attend, un vin issu de vieilles vignes âgées de 80 à 110 ans, on songera alors que les plus anciens pieds ont été plantés par un bonhomme à la fin du 19ème siècle… et qu’ils sont toujours d’attaque. Un peu d’histoire de France dans votre verre. La dégustation sera elle aussi une bien belle histoire, une histoire de cerise et de réglisse, de rubis précieux et de tanins aériens, discrets, que l’on dirait élevés dans une institution privée suisse. Un rouge qui mérite un gibier ou une daube née plus au sud, un superbe rouge à seulement 5,20 €.

 

La Ficelle et Blanc Premier

Nous voici au cœur de l’un des plus anciens vignobles de France puisque son histoire met en scène Saint-Louis et les papes en Avignon, dont le premier d’entre eux, Clément V, était Bordelais. Cette renommée prendra l’eau (un comble !) au 19ème siècle avec l’extension de la culture céréalière plus rentable. Du coup, la vigne passera de quelque 8.000 hectares à un peu plus de 600 hectares aujourd’hui. 

Le vignoble de l’appellation Saint-Pourçain est réparti sur dix-neuf communes du département de l’Allier, et ce entre dix-sept caves particulières et une cave coopérative, l’Union des Vignerons (03500 Saint-Pourçain-sur-Sioule). Une cave qui nous propose désormais chaque début d’année sa Ficelle et son Blanc Premier.

75% Gamay et 25% Pinot Noir, le rouge « La Ficelle 2012 » tire son nom d’une vieille histoire locale qui consistait à plonger un bout de ficelle dans le pichet afin de connaître la quantité servie grâce aux différents nœuds qui correspondaient aux mesures de l’époque, demie et pinte. Et cette Ficelle est armoriée sur la bouteille grâce au talent des dessinateurs. Cette année, c’est à Willem (que l’on retrouve dans Charlie Hebdo) que nous devons la déco de cette cuvée 2012, un rouge fruité, un brin poivré, déjà mature pour son âge et que les charcuteries les plus appétissantes adopteront devant notaire. C’est le rouge de soif par excellence (4,55 €).

En face, nous voici 70% Chardonnay et 30% Tressallier (le cépage du coin) pour un triptyque fleurs, fruits, épices côté saveurs, de quoi animer un blanc vif et tonique avec une fin de bouche qui vous mettra au frais durant quelques secondes. Un bel apéritif en vue (4,55 €).

 

Mondeuse de Savoie

On le sait, c’est le vignoble le plus haut de France qui nous intéresse ici à travers la Mondeuse, cépage spécifiquement utilisé en Savoie, cépage rouge qui tend à se développer avec cette appellation Vin de Savoie, peut-être parce qu’il s’accommode sur beaucoup de terrains, notamment sur les sols schisteux et calcaires.

Rappelons que les Vins de Savoie sont répartis en trois AOC, Vin de Savoie, Roussette de Savoie et Seyssel, et une vingtaine de crus. Historiquement, on trouve la vigne ici depuis à peu près deux mille ans, depuis nos amis les Allobroges.

Parlons donc Mondeuse grâce à ce duo du jour : « Mondeuse Saint-Jean de la Porte » présentée par la Cave des Vins Fins de Cruet (73800 Cruet), un rouge ostensiblement fruits noirs, charpenté, que l’on apprécie également pour son côté fumé, et qui trouvera son bonheur (et le nôtre !) avec une belle omelette aux girolles (5,45 €).

Voici « Arbin Mondeuse » par l’earl du Colombier (73800 Les Marches), plus complexe que le précédent, fruits noirs certes, mais avec un passage minéral à gué sur le fumé et les épices, complexe on l’a dit et on le répète, il y a de l’élégance, du charme, on se laissera séduire sans rougir pour mieux apprécier ces pâtes à la tomate que l’on servira simplement (7,40 €).

 

Muscat et Manseng

Muscat à petits grains pour « Ninon 2011 », une douceur IGP Coteaux de l’Ardèche que l’on doit à la Cave Coopérative d’Alba la Romaine (07400 Alba la Romaine), un blanc né sur d’antiques domaines romains, un blanc plus doré que blanc, très aromatique avec du fruit confit aux manettes, c’est l’ambroisie des dieux revenue du début de notre ère pour décliner ses parfums au moment de l’entrée en scène du gâteau au chocolat (11,80 €).

Manseng petit et gros, Courbu, Camaralet… ce sont les cépages du vignoble du Jurançon, le vin de baptême de celui qui deviendra Henri IV, enfant de ce pays de Béarn où le foie gras a forcément de la famille dans les vignes. Parmi les belles maisons de l’AOC, citons ce domaine Cauhapé (64360 Monein) qui nous fait chalouper avec son « Ballet d’Octobre 2011 », Jurançon bien nommé que l’on réservera, oui pour le foie gras, mais aussi pour un poulet cuisiné de manière dite exotique, ou encore un poisson grillé. Le côté corsé et légèrement confit de ce blanc pourrait aussi faire merveille au moment du fromage (12,50 €).

 

Vignobles et Signatures

Dix-sept régions de France et dix-sept domaines familiaux, c’est le club des grands domaines qui nous présente en ce début d’année ses coups de cœur. Dix-sept coups de cœur, et nous avons engagé un quatuor pour vous jouer la belle mélodie des vignes, un quatuor où chaque élément avance avec sa propre personnalité.

Les bulles, ce sera l’affaire du Champagne Drappier (10200 Urville) avec son « Millésime d’Exception 2006 », un comité des fêtes à lui seul, mais aussi avec le soutien du Pinot Noir et du Chardonnay. Champagne doré aux épices langoureuses et envoûtantes, jamais agressives, le raisin est sec et le fuit à chair blanche, la bulle a la taille mannequin et la vivacité des trilles et triolets déclinés par Eric Clapton, c’est frais, rythmé et absolument explosif, un moment d’Exception à 36,75 € (Exception existe également en magnum 2002 pour encore plus de plaisir).

Le Saint Emilion Grand Cru sera l’affaire des Vignobles Joseph Janoueix (33500 Libourne) avec ce « Château Le Castelot 2009 ». On le sait, Saint Emilion Grand Cru n’est pas un terroir mais une sélection de domaines ayant fait l’objet d’un classement revu tous les dix ans.

70% Merlot et 30% Cabernet Franc, une robe résolument rubis à mettre au coffre, une déclinaison quasi-exhaustive des arômes de garde sur place, du fruit très mûr écrasé au cacao en passant par la réglisse et le rarissime safran, des tanins à l’accent de la région pour la souplesse et le moelleux, et de la longueur qui nécessitera l’emprunt d’un décamètre à ruban… c’est le grand Bordeaux que l’on aime et que l’on destinera à l’agneau ou à un gibier, et ce faute de matelote d’anguilles… parce que je n’aime pas. Je sais, c’est mon côté sectaire ! (23,00 €).

La balade dans les terres froides est pour maintenant, sortez les moufles et le bonnet et direction le Jura, là où l’on fabrique l’hiver, pour une visite au Domaine Rolet Père et Fils (39600 Arbois). Froid dehors, mais la chaleur arrivera avec la « Cuvée Expression du Terroir 2007 » en Côtes du Jura Blanc, un vin issu de l’assemblage Chardonnay et Savagnin. Déjà, à mettre de côté pour le prochain poulet à la crème et aux morilles, qui bien sûr sera suivi d’une belle tranche de Comté. C’est le vin rare qui surprend toujours ceux qui ne l’on jamais rencontré par son côté fumé et iodé. C’est un blanc sec, vif, avec une pointe d’amertume que l’on doit peut-être à la noix. A conseiller vivement (10,00 €).

L’air du large enfin avec un blanc atlantique né du Melon de Bourgogne mais qui a vécu plus près de Nantes que de Mâcon. « Le Soleil Nantais 2011 » est un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie (élevé sur lies en cuves souterraines et inox) que l’on doit au Domaine Guilbaud Frères (44196 Clisson). Et là, je vous le dis, c’est la grande classe en Val de Loire : fraîcheur, maturité, complexité aromatique, dépaysement sur une gamme épicée, voici le Muscadet que vous rêviez de déguster histoire d’en oublier d’autres. Oui, un Muscadet peut être un grand vin, la preuve, celui-ci n’en finit plus de finir. Bravo Guilbaud ! (6,15 €).

 
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