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Machine à laver

21/03/2013
Pourquoi ne dit-on pas la vérité à propos de Chypre au lieu de nous montrer en boucle des rassemblements de trente à quarante personnes manifestant contre le plan de sauvetage des banques proposé par l’Eurogroupe ? Chypre est un paradis fiscal, une plateforme offshore pour de grosses sociétés russes légales ou maffieuses, une sorte de machine à laver de l’argent souvent douteux qui, par ailleurs, retourne très vite à la maison. D’après le bureau Alfa Capital, sur les 20 milliards d’euros déposés dans les banques chypriotes, seulement 200 millions resteraient sur place, soit 1%. Peut-être l’argent nécessaire à faire vivre les quelque 40.000 citoyens russes qui vivent à Chypre (sur moins de 800.000 habitants au total). Un chiffre énorme qui implique que la ville de Limassol est aujourd’hui appelée avec humour Limassolgrad.

 

 

Comme une forte odeur de gaz…

Le 20 mars, une rumeur circulait à propos du rachat éventuel de la dette des banques chypriotes par le géant russe Gazprom. Une rumeur seulement, mais qui arrivait après le gros coup de colère du Petit Père des Peuples Vladimir Poutine. Le quotidien proche du pouvoir Izvestia enfonçait le clou avec cette remarque assassine pour les démocraties européenne qualifiant la demande de l’Eurogroupe « d’acte barbare de type soviétique. »

Au fait, pourquoi Gazprom apparaît dans cette affaire ? Peut-être en échange de quelques licences d’exploitation de gaz… du gaz chypriote, car l’île possèderait un gisement fabuleux récemment évalué à 2.000 milliards d’euros ! Aphrodite est le nom de ce gisement, mais l’amour et la beauté de la déesse ne sont pas les éléments les plus persuasifs, vous l’aurez compris. Bien sûr, Chypre n’a pas les moyens d’exploiter ce gaz, l’arrivée de Gazprom permettrait ainsi à la Russie de mettre le pied en pleine zone euro.

L’autre éventualité, évoquée à demi-mot par Poutine, serait la prise en charge de ce renflouement bancaire par la seule Russie. Ce serait alors une démarche avérée de l’île vers une sortie de l’euro et de l’Europe. Moscou à la place de Bruxelles. Mais ce serait aussi, et surtout, un signe envoyé à d’autres pays méditerranéens en difficultés et aujourd’hui tentés par une telle aventure.

Finalement, c’est un pays de moins d’un million d’habitants qui essaie de mettre le couteau sous la gorge à toute l’Europe : retenez-moi où je fais un malheur !

Soyons clairs, si Chypre veut partir, que Chypre s’en aille chercher le bonheur sous la protection de Poutine et Medvedev. Ici, en France, on a déjà donné dans le genre, on appelait ça l’emprunt russe, nos grands-parents et arrière-grands-parents ont parfois cotisé...

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