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Réforme de la fiscalité : la ficelle est grosse

20/11/2013
Tout le monde s’est pincé ce mardi 19 novembre à la lecture du journal Les Echos qui nous apprenait que Jean-Marc Ayrault allait lancer « sa » grande réforme fiscale. S’agit-il de déminer dans l’urgence la grogne qui monte, certains n’hésitent plus à parler de révolte, et ce afin de calmer le jeu en pleine campagne des municipales, ou bien s’agit-il d’une remise à plat de notre fourbi fiscal, ce serpent de mer que tous les pouvoirs successifs ont promis de réformer ?

 

Personne n’a la réponse, mais on va quand même avoir du mal à croire ce gouvernement qui nous a mis la tête sur le billot à plusieurs reprises, pour mémoire on rappellera le hold-up qu’il s’apprêtait à commettre sur l’épargne des Français il y a seulement quelques semaines, sans parler de l’écotaxe, des hausses d’impôts et de celle de la TVA pour le 1er janvier.

 

Un peu d’air

On serait plutôt tenté d’imaginer une recherche d’un peu d’air frais au milieu d’un environnement totalement gris, si ce n’est pas noir de noir : le chômage ne s’améliore pas, les faillites ont atteint un niveau record depuis 1993, elles ont dépassé les 62.000 en un an, 12.800 pour le seul été 2013, le pouvoir d’achat stagne et la croissance est en villégiature à zéro, et toutes les réformes annoncées se terminent par des marches arrière, la rue est en train de prendre la main. Alors, coup de poker ou coup de bluff ? C’est la même chose diront les joueurs.
Bien sûr, on ne peut dire non à une véritable remise à plat de notre fiscalité, mais lorsque le Premier Ministre met comme principe de départ la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, on peut craindre un massacre programmé des classes moyennes, puisque cette « fusion » sous-entend de faire disparaître des listes de cotisants à l’impôt les foyers modestes, du moins ceux qui paient encore aujourd’hui. On le sait, moins d’assujettis implique une charge plus lourde à assumer pour ceux qui ont encore la chance d’être appelés des contribuables.

Pour justifier son propos, Jean-Marc Ayrault nous fait le coup de l’héritage, « Jusqu’ici, nous avons répondu à l’urgence pour redresser la barre », puis du demain viendront les jours meilleurs, « Il nous faut désormais bâtir pour l’avenir. »

Oui, la ficelle est grosse, mais c’est finalement mieux pour emballer les gogos que nous sommes. Car comment peut-on oser promettre une réforme fiscale tout en maintenant une hausse de la TVA programmée pour quelques semaines plus tard ? Mais là encore, le Premier Ministre a l’explication : « Revenir sur la hausse de la TVA, ce serait revenir sur la baisse du coût du travail ». S’il m’en souvient, les députés socialistes, alors dans l’opposition, n’avaient pas eu de mots assez forts pour dénoncer la hausse de la TVA que Nicolas Sarkozy voulait faire, et ce afin de diminuer le coût du travail… « Pareil pour moi » pourrait dire Ayrault !

Pour rassurer tout le monde, le Premier Ministre rappelle qu’il consultera large, les syndicats, les partis politiques, qu’il n’y aura pas de hausse d’impôts, mais on sait bien comment cela finira : par des hausses de cotisations, de CSG, d’impôts et autres charges car il faudra bien encore trouver ces dizaines de milliards qui nous manqueront chaque année tant que nous n’aurons pas véritablement réformé, non pas la fiscalité, mais tout le fonctionnement de l’Etat.
Car à quoi cela servira-t-il de réformer la fiscalité, si dans le même temps on ne fera rien pour diminuer drastiquement les coûts de fonctionnement de la France ? Cette réforme ne sera qu’un transfert de fonds de Français à Français, ceux qui paieront encore plus et ceux, de plus en plus nombreux, que l’on aidera davantage. Et c’est l’emploi qui sera la première victime collatérale de cette hypocrisie électorale. Oui, une hypocrisie électorale avec un effet d’annonce qui va se dégonfler au fil des semaines, ce projet de réforme fiscale ressemble  à une aide ménagère mise à la disposition des candidats socialistes quasi grabataires à quelques semaines des municipales. Deux doigts de promesse de réforme par ci, un peu de FN par là, et avec de la chance, peut-être sauvera-t-on les grandes capitales régionales, celles où les bobos font désormais la loi avec leurs gros salaires de fonctionnaires et leurs vélos électriques…

 

Fernand Hurt

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