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Quelques beaux duos… et autres

06/10/2014

Duo Syrah – Grenache

Voici deux rouges nés sous le soleil exactement, pas n’importe où mais entre Gard et Hérault, deux vins d’assemblage qui pourraient se ressembler mais qui ont chacun leur caractère même s’ils sont tous deux issus de la Syrah et du Grenache noir.

Le plus au nord de cette évocation géographique plein sud, nous vient des sommets des Costières de Nîmes, il est donc classé Vallée du Rhône car son terroir va du Pont du Gard à la Camargue. 65 % Syrah (plus Grenache), il nous est proposé par le Château Vessière (30800 Saint-Gilles), et ne sort jamais sans sa robe d’un rouge étonnement brillant. Très fruits rouges et noirs de nez en bouche, on le dira charnu, voire puissant et corsé, bien dans l’esprit de ce vignoble posé sur graviers et galets chauffés par un soleil généreux. On le réservera à des viandes rouges (avec sauce forte pourquoi pas) ou des petits gibiers à plumes. Ce rouge peut se conserver aisément durant cinq ans, mais il est disponible à la dégustation dès maintenant avec son millésime 2012.

Syrah et Grenache à 50/50, c’est le second rouge héritier de la grande histoire des Albigeois et qui tient son nom de la capitale historique de la région : Minerve.

Minervois donc pour ce cru La Livinière du Domaine La Rouviole (34210 Siran) en AOP Minervois du millésime 2011. L’élevage se fait en barriques neuves pour la Syrah (durant un an environ), et en barriques 2ème vin pour le Grenache. Ce rouge est ostensiblement fruits rouges avec un beau bouquet vanillé, et c’est avec plaisir que nous découvrons ensuite un effet boisé de belle facture. L’équilibre est réalisé très vite, et c’est du côté des confits de canard ou d’une entrecôte à la Lyonnaise qu’il trouvera son bonheur. A noter que ce Minervois a obtenu une médaille d’or au Challenge Millésime Bio 2013.

 

Rouge et blanc de Vidal Fleury

La maison est célèbre dans la Vallée du Rhône, créée en 1781, elle est par ailleurs la plus ancienne encore en activité. Son nom d’aujourd’hui vient du mariage de Gustave Vidal avec une demoiselle Fleury à la fin du 19e siècle. Depuis les terrasses de Côte-Rôtie du côté d’Ampuis et Tupin-Semons, on domine certes le fleuve Rhône, mais également la nouvelle cave bâtie en 2008. 

Vidal Fleury (Tupin-Semons), c’est une belle maison qui propose sa « Brune & Blonde » en Côte Rôtie, mais aussi des Saint-Joseph, Crozes-Hermitage, Châteauneuf-du-Pape et autres Vacqueyras. Mais ce qui nous intéresse ici ce sont ses deux vins dits « génériques », rouge et blanc en Côtes du Rhône.

65 % Grenache, avec Syrah, Mourvèdre et Carignan, voici le rouge profond aux reflets noirs, une identité visuelle digne du Grenache. L’attaque nous livre très vite un plateau de cerises agrémenté d’une touche de chocolat, ce qui nous fait penser à un dessert qui reprendrait ce duo en chœur. Attaque disions-nous, plus équilibre, générosité, et cette pointe de romarin sortie d’une garrigue née plus au sud que la Cave, feront belle impression sur les visiteurs, à savoir un viande rouge ou des pâtes à l’italienne. Il est vendu 8,40 € départ cave.

En blanc, chez Vidal Fleury on a une réputation du côté du Condrieu. Il faut dire que la ville est au bout du virage… Le blanc Côtes du Rhône que nous avons sélectionné pour cette dégustation est à 75 % issu de Viognier, avec un peu d’aide venu du Grenache blanc, entre autres. Cette fois-ci, nous avons affaire à un blanc d’allure très pâle, qui nous propose ses arômes d’abricot et d’amande, c’est le blanc sec idéal pour un apéritif réussi, mais qui siéra aux fruits de mer et poissons grillés dégustés en plein air : fraîcheur, vivacité, longueur et un soupçon d’amertume feront notre bonheur, et à 9,80 € seulement la bouteille.

 

Rouge et blanc en pays de Loire

C’est la même maison, Ackerman à Saumur (49410), qui anime cette rubrique « rouge et blanc » pour la région des vins de Loire. Le rouge sera Saumur Champigny, le blanc sera Sancerre.

Val de Loire donc et AOC depuis 1957 accordée sur neuf communes, le Saumur Champigny fait appel aux Cabernet franc, Cabernet sauvignon et Pineau d’Aunis élevés sur de la craie de tuffeau. Notre rouge du jour est un 100 % Cabernet franc appelé « Secret des Vignes » en millésime 2011, présentant une robe lumineuse tendance grenat. C’est un rouge à la fois léger et plein, bourré de finesse et d’élégance montrant des dispositions pour la framboise et le cassis, le tout offert avec un discret bouquet d’épices. On aime la fraîcheur de ce vin que l’on pourrait qualifier de « vin d’été », croquant, avec une vraie structure, et qui plaira à vos brochettes d’agneau ou votre rôti de veau. Il est vendu 11,90 € départ cave.

Nous voici au centre de la France, dans le département du Cher, Bourges n’est pas très loin, et la Loire coule à environ trois kilomètres de cette montagne isolée qui culmine à 300 mètres d’altitude. Sancerre nous y attend… Sancerre et son vin blanc devenu célèbre depuis que la Capitale en a fait, à partir des années 70, un « must » de l’apéritif. 100 % Sauvignon, notre Sancerre de chez Ackerman s’avance vers nous habillé d’or pâle, peut-être pour nous montrer d’emblée qu’on ne fait pas n’importe quel vin blanc ici. Les arômes de pêche et de citron dominent, on y trouvera un peu de mangue pour l’appel du voyage, l’ensemble est très agréable, rond, ample, long, avec cette minéralité indispensable à l’union parfaite côté Sancerre. Une union qui se prolongera jusqu’au Crottin de Chavignol, l’incontournable fromage de chèvre qui nous vient du village juste en dessous qui, par ailleurs, a fusionné avec la commune de Sancerre. Ils furent heureux… On vous conseillera ce Sancerre avec aussi quelques poissons bien cuisinés (9,50 € départ cave).

 

Rouge et blanc rive droite du Rhône

Deux vins ardéchois de renommée mondiale, deux vins issus de la Cave de Tain (26600 Tain l’Hermitage), deux vins dont la production est relativement faible, un rouge, le Cornas, un blanc, le Saint-Péray.

Rive droite du Rhône en face de Valence, c’est le village de Cornas qui nous propose son rouge prestigieux, quasiment aussi célèbre désormais que son voisin d’en face l’Hermitage. 100 % Syrah, le Cornas n’est produit que sur le territoire de la commune éponyme sur environ 110 hectares. Présenté habillé d’une robe brillante tendance grenat, un brin cardinal, notre Cornas 2012 de la Cave de Tain fait dans le fruit noir très mûr, avec quelques effets de violette et de poivre pour le genre subtil, les tanins soulignent l’aptitude à beaucoup de finesse, le gras et la longueur feront le travail final qui sera apprécié du côté d’une belle pièce de viande rouge ou d’un gibier de la prochaine saison. C’est un très grand vin que l’on pourra garder jusqu’à vingt ans, mais que l’on peut découvrir bien avant avec succès (21,00 € départ cave).

Toujours sur la rive droite du Rhône et toujours en Ardèche, nous voici à Saint-Péray pour goûter le vin le plus méridional des Côtes du Rhône septentrionales, et surtout l’une des dix premières AOC françaises (1936). La légende dit que Richard Wagner, qui appréciait ce blanc de la Vallée du Rhône, aurait écrit « Parsifal » après quelques abus de Saint-Péray.

Ici, ce pur produit ardéchois né d’un assemblage Marsanne et Roussanne, est le Saint-Péray « Fleur de Roc 2012 » de la Cave de Tain, qui ne sort jamais sans une robe d’un jaune très pâle aux reflets verts. Très fruits à chair blanche, ostensiblement poire, il propose une entrée en bouche très florale, on aime sa minéralité discrète, son équilibre entre gras et frais, et sa longueur qui se termine sur un plateau d’agrumes. Idéal pour l’apéritif, ce blanc sec sera un parfait compagnon de vos fruits de mer et poissons grillés (11,80 € départ cave).

 

Rouge et blanc en Beaujolais

Qu’il soit Nouveau ou pas, le Beaujolais est avant tout connu pour ses vins rouges issus du Gamay. N’allez pas en déduire que la production de blancs est inexistante, il en va de même pour l’Alsace mais dans le sens contraire.

Beaujolais en rouge et en blanc, et c’est avec un Chénas « Quartz 2011 » que nous ouvrons la boutique des domaines Piron-Lameloise (69910 Villié-Morgon). 

Le Chénas est bien sûr l’un des dix crus de l’appellation, on le retrouve à cheval sur les départements du Rhône et de la Saône-et-Loire sur environ 250 hectares. Pour mémoire, on sait que c’était le seul vin que le bon roi Louis XIII acceptait de boire.

Gamay donc, ce rouge nous parle de minéralité, il est fruit du côté de la pêche et fleur à ses moments, il a l’élégance des vins dont les tanins savent s’exprimer dans le monde, on aime sa fin de bouche, et on l’aimera davantage avec quelques grillades et fromages goûteux (13,50 € départ cave).

Plus rare on l’a dit, produit par environ deux cents vignerons, voici le Beaujolais blanc « La Chanoise » 2013, un 100 % Chardonnay des Domaines Piron. C’est un blanc vif, nerveux, esthétique aussi, qui trouve son équilibre entre le fruité et le floral, sa rondeur et sa finesse en font un modèle pour l’apéritif, mais également pour des poissons cuisinés, eu égard à une belle longueur. Ce Beaujolais blanc, dont l’appellation date quand même de 1937, mérite le détour, détour qui passe par une sortie d’autoroute du côté de Macon sud ou de Villefrance-sur-Saône. Ce blanc est vendu 9,00 € départ cave.

 

Rouge et blanc de régions tellement différentes

Nous continuons ces associations, ces présentations de duos, mais avec cette fois-ci un brin de provocation, car notre rouge est issu d’une terre chaude du sud de la France, alors que le blanc est né sur les terres souvent froides de Bourgogne. Tout les sépare, mais finalement, réunis sur la table au cours d’un même repas, ils auront plein de choses à nous raconter. L’un nous vient de Bandol, l’autre de Chablis.

C’est au début des années 50 à la Cadière d’Azur dans le Var, que le domaine du Moulin de la Roque a fait son apparition. Aujourd’hui, cette maison dispose d’un peu plus de 300 hectares chauffés par quelque 3.000 heures de soleil chaque année, les vignes ont vue sur mer devant, et sur les collines autour, et depuis 2012, une nouvelle cave semi-enterrée est en service. 

Bandol rouge Grande Réserve à 95 % Mourvèdre (plus Carignan), c’est le vin que le Moulin de la Roque (83330 Le Castellet) nous invite à déguster. Robe noire tirant vers le grenat noir, fruits très mûrs lacés de cuir, quelques épices venant de pays lointains agrémentent des tanins réservés, voilà un rouge ample, riche, avec de la finesse en fin de bouche posée délicatement sur du velours. On serait tenté d’ajouter un soupçon de réglisse pour la route… Parfait avec un gigot de chevreuil sauce Grand Veneur nous dit-on, pourquoi pas, mais on suivra avec des fromages qui ont du caractère (13,60 € départ cave).

Le Chablis 1er Cru Vau de Vey a été élevé par la maison Jean Durup Père & Fils (89800 Maligny). Les Durup font du vin ici depuis plusieurs siècles, leurs deux domaines, Maligny et l’Eglantière, sont des ambassadeurs reconnus du Chablis.

Blanc sec issu à 100 % de Chardonnay, ce Chablis présente une merveilleuse intensité, on le sent volontaire sur le fruit et totalement investi dans sa mission : travailler avec une multitude de poissons, voire de crustacés. Sa rondeur et une légère minéralité, toujours accompagnées du fruit, en feront également un merveilleux partenaire de l’apéritif.

Chablis et ses « 47 climats » (ou micro-terroirs) vous invitent à découvrir un blanc passionnant qui sera en fête les 25 et 26 octobre prochains. Peut-être en profiterez-vous pour aller célébrer les 900 ans de l’Abbaye de Pontigny…

 

Les nouvelles stars de Fronton

Ce n’est pas un vignoble gigantesque, on le trouve au nord de Toulouse, mais en quelques années il est devenu incontournable, notamment à partir du moment où certains vignerons commencèrent à livrer leurs vins dans la capitale. De plus, il possède un trésor partagé nulle part, un cépage unique ramené en son temps par quelques chevaliers de retour de croisades, la Négrette. On ne s’étonnera donc pas que le pape Calixte II, couronné au moment de la création de l’ordre des Templiers, fut le protecteur du vignoble de Fronton. Car c’est de cette appellation dont il s’agit ici, une appellation Fronton qui nous permet de découvrir aujourd’hui deux belles maisons.

« La terre ne ment pas, elle promet de belles choses à ceux qui savent l’écouter », c’est ainsi que Michèle et Philippe Selle du Château Boujac (82370 Campsas) parlent de leur métier. Et si c’est pour nous inviter à déguster ce Kelina 2012 100 % Négrette, nous allons écouter attentivement : du fruit tendance fraise des bois, des tanins aussi précis dans leur travail que de l’horlogerie suisse, une efficacité imparable de nez en bouche, avec un soupçon de réglisse qui reste en mémoire en fin de bouche, voilà un rouge qui mérite une viande rouge, voire, nous prévient-on, une belle andouillette élevée en région lyonnaise (10,50 € départ cave).

Fabien Cardetti représente la troisième génération à la tête du Domaine de Lescure (82370 Labastide Saint-Pierre), propriété qui est passée de 3 à 23 hectares depuis que la famille l’exploite. Là encore, l’atout reconnu de l’appellation, parole de vigneron, c’est bien sûr la Négrette, ce cépage qui est finalement l’âme de Fronton. « A l’avenir », c’est le nom de cette cuvée 2012, elle aussi 100 % Négrette, issue du nord de l’appellation dans le Tarn et Garonne. Du fruit très mûr, un côté fleur bleue au nez qui nous parle de violette et de tendresse, là encore des tanins élégants, soyeux, jamais surpuissants, on s’imagine croquer le raison en vigne, la longueur est convaincante, on imagine déjà quelques plats venus de loin et chargés d’épices en soute. Un excellent rapport qualité-prix à 7,20 € départ cave.

 

Deux d’Aquitaine

On évoquera ainsi le climat océanique qui baigne ces deux vins de ses embruns, l’un rouge du Bordelais, l’autre blanc du Jurançon, donc des Pyrénées Atlantiques.

Le rouge est un Pomerol, déjà une belle adresse puisque celle d’un certain Pétrus. Mais il y a une vie à côté, une belle vie, à l’instar de ce Château Le Caillou des domaines André Giraud (33500 Pomerol), représentatif de vins de l’appellation qui va de Pomerol à Libourne, une appellation exclusivement consacrée aux rouges et dominée par le Merlot. 

Merlot à 75 % (plus Cabernet Franc) pour ce Pomerol 2011 né sur la rive droite de la Dordogne et qui doit son histoire, ancienne certes, à l’installation ici des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui fondèrent un hospice servant de halte aux pèlerins sur la route de Compostelle. 

Habillé d’une robe rubis foncé, ce vin nous raconte une histoire de fruits rouges puissants et « truffés » où la précision des tanins n’a d’égale que dans le velouté et la finesse d’une structure exceptionnelle. Ce ne sera pas un secret dévoilé qu’avouer le garder pour une dégustation de quelques morceaux de truffes accompagnés de simples pommes de terre, voire une volaille rôtie. Il est vendu 22,50 € départ cave.

Son voisin blanc est donc un Jurançon sec, plus rare que le classique moelleux, un blanc qui réunit ici les cinq cépages de l’appellation, Gros Manseng, Petit Manseng, Camaralet, Courbu et Lauzet. Il nous vient du Domaine Cauhapé (belle maison du club Vignobles & Signatures) et a pour nom « Geyser 2013 ». 

On sait que le Jurançon fut le vin de baptême du futur roi Henri IV, mais restons simple et dégustons ce blanc sec avec quelques crustacés ou pourquoi pas un foie gras frais. De ses reflets verts, de ses arômes de fruits exotiques qui nous parlent de voyages lointains, de sa souplesse, de sa fraîcheur, et de ses aptitudes à mêler épices et bouquet floral, nous ne dirons que du bien, du bien et du bon jusqu’au bout de sa longueur un tantinet persistante. Ce blanc sec est un feu d’artifices de saveurs et de bonté, à 13,70 € ne nous en privons pas, foi de roi Henri !

 

Trois rouges d’automne

La saison des gibiers ne va plus tarder, l’envie de rouges généreux, voire puissants, sera imminente, ça tombe bien, nous en avons sélectionné trois qui feront bien l’affaire. Un trio composé d’un Crozes-Hermitage, d’un Vacqueyras, et pour quitter la Vallée du Rhône, d’un Corbières.

Pour débuter, c’est CapNord avec le Crozes-Hermitage 2010 du domaine Combier (26600 Pont-de-l’Isère), 100 % Syrah évidemment. Un classique de l’appellation issu de vignes du village de Serves et Gervans, robe rouge intense, du fruit bien mûr avec de la mûre ( !), une pincée de poivre pour allumer les papilles, la souplesse fera le reste, un très beau Crozes qui siéra à quelques volailles de passage, ou pourquoi pas des rognons de veau. Il est vendu 25,00 € départ cave.

Pas loin de Gigondas et de Châteauneuf-du-Pape, l’appellation Vacqueyras a réussi à s’imposer au fil des ans depuis son obtention d’AOC en 1990. Les rouges présentent ici une robe foncée presque noire, là encore à la manière d’un Gigondas, ils sont charnus avec une belle structure, tanniques, et proposent souvent un beau bouquet d’épices qui nous raconte des histoires venues d’autres civilisations, et ce à l’instar de ce « Vieux Clocher » 2012 de la maison Arnoux & Fils (84190 Vacqueyras), Grenache à 75 % (avec Syrah et Cinsault). On aimera encore cette fin poivrée qui persiste en bouche. Une excellente idée pour accompagner un gibier à plume, une daube à la provençale, ou quelques fromages de caractère (10,95 €).

Cap sud-ouest et direction les Pyrénées pour une balade dans les Corbières, là où soleil, vent et aridité de la terre forment ce triptyque incroyablement efficace pour élever de grands vins. Car on le sait, les Corbières ont beaucoup évolué ces vingt dernières années, et ce, grâce à la baisse des rendements à l’hectare et aux soins apportés à l’élaboration des assemblages. Ici, avec ce Château Vaugelas (11200 Camplong d’Aude), ce sera Carignan, Mourvèdre, Syrah et Grenache, de quoi annoncer un rouge déjà pourpre d’émotion aux arômes de fruits puissants. On le sent bien charpenté, ample, généreux, apte à attendre quelques années en cave. Mais vous pouvez d’ores et déjà le mettre sur la table pour peu qu’un cuissot de sanglier s’invitât à la fête. Il fera merveille (15,00 €).

 

Des IGP du sud-est

Indications géographiques protégées pour ces vins dont le point commun est un rapport avec la Méditerranée, qu’ils viennent du Var, des Bouches du Rhône, du Vaucluse ou encore de l’Ardèche. Voici une brève sélection, non exhaustive…

IGP Vin de Pays des Bouches du Rhône pour Minna Vineyard rouge 2009 de la Villa Minna (13760 Saint-Cannat), nous sommes entre Aix et Salon sur un domaine de 15 hectares où la famille œuvre depuis 1929. Un rouge Syrah à 60%, avec Cabernet Sauvignon et Mourvèdre, un assemblage pas commun qui aboutit à une sorte d’excellence (21,00 €).

« Un moment blanc » 2012 sera donc en blanc, 100% Viognier en IGP Méditerranée, et il nous vient du domaine La Grande Bauquière (13114 Puyloubier). Cette fois-ci nous allons rester au pied de la montagne Sainte-Victoire où travaille avec passion ce vigneron indépendant (21,00 €).

Muscat (50%), Cinsault et Grenache pour ce Fruité de Régusse 2013 du Domaine de Régusse, fort de ses 200 hectares de vignes au pied du Luberon, une sorte de compromis entre Nouveau Monde et tradition française (4,80 €).

Un rosé Grenache à 70% (avec Syrah), un rosé à 50/50 de saignée et de pressurage, élevé par la famille Sabon du domaine de la Janasse  (à Châteauneuf du pape), un rosé léger et fruité idéal pour l’apéritif (5,00 €).

« Tréfol 2011 », voici un IGP Coteaux de l’Ardèche qui fait appel au côté Atlantique avec le Merlot, et Vallée du Rhône pour la Syrah et le Grenache, un superbe rouge du domaine Salel et Renaud (07230 Faugère) à seulement 4,80 €.

La Cave Aureto du domaine de la Coquillade (84400 Gargas) nous ramène dans le Vaucluse entre Ventoux et Luberon (IGP Vaucluse donc), pour un subtil assemblage Cabernet Sauvignon, Marselan et Syrah, ce sera la « Cuvée Tramontane 2011 » à 15,00 € départ cave.

Enfin, pour conclure, IGP Coteaux des Baronnies en Chardonnay 100% proposé par la Cave Coopérative de Nyonsais (26110 Les Pilles), un blanc ostensiblement apéritif qui siéra à vos fruits de mer du moment (4,90 €).

 

A la Citadelle

C’est la famille Rousset-Rouard qui a fait de ce domaine l’un des fleurons des vins du Luberon, et qui, disons-le, a été une véritable locomotive pour la production vinicole de cette région. Après avoir brillamment réussi dans le cinéma (il fut le producteur, entre autres, des Bronzés), le fondateur du domaine de la Citadelle (84560 Ménerbes) a également su créer en cette montagne devenue un haut lieu de villégiature, à la fois une belle cave, mais aussi un musée remarquable, celui du tire-bouchon.

Aujourd’hui, le Domaine de la Citadelle représente 39 hectares de vignes répartis en 60 parcelles, et c’est là qu’Alexis Rousset-Rouard développe une gamme de vins élégants, puissants et typiques du terroir. A l’instar de ces deux joyaux, deux Gouverneurs Saint-Auban, rouge 2011 et blanc 2013.

Pour deux tiers en Syrah avec des apports de Grenache et Mourvèdre, le Gouverneur Saint-Auban rouge est un concentré de fruits noirs très mûrs dont les arômes pacsés à la cerise feront merveille avec l’effet boisé en bouche, et comme la persistance est tenace, c’est dans la longueur que nous conclurons cette dégustation d’un rouge fait pour les gibiers à venir. Un très grand vin de caractère, d’audace et de ténacité à 22,00 € départ cave.

Il y a du monde pour l’assemblage du Gouverneur Blanc, dont la production est limitée à seulement 4.000 bouteilles : Viognier, Roussanne, Marsanne (on se croirait entre Vienne et Condrieu !), plus Clairette, Grenache blanc et Chardonnay… un véritable voyage organisé par quelque tour opérateur du vignoble. On s’attend donc à une certaine complexité, on ne sera pas déçu, du fruit, de la fleur, un bouquet d’épices discret, le tout sur du pain grillé, c’est l’élégance destinée aux Saint-Jacques ou pourquoi pas à un homard. Vendu 24,00 € départ cave.

 

Gascogne de fêtes

Ils sont trois, trois vins blancs de Gascogne prêts pour les prochaines fêtes, trois blancs issus d’une tradition vieille de mille six cents ans. 

Le premier est le Petit Manseng du domaine de Fortunet  (32110 Lanne Soubiran). Est-ce qu’on peut parler d’exotisme une fois arrivé en Gascogne ? Pourquoi pas. Ce blanc nous livre des arômes de fruits exotiques et fruits secs, il montre une certaine amplitude, une aptitude à s’ouvrir vers quelques expériences impliquant obligatoirement le foie gras régional (5,50 €).

Gros Manseng à 100% pour le suivant qui nous vient des Producteurs Plaimont (32400 Saint-Mont), la maison incontournable du Gers, c’est un Côte de Gascogne du domaine de Bazin en millésime 2013, un blanc plein de fraîcheur et de tendresse qui nous rappelle la confiture de coing que l’on dégustait sur de grosses tartines au temps des culottes courtes. On a grandi, alors on apprécie ce vin très agrumes et bien en équilibre, qui lui aussi siéra à un foie gras (en carpaccio comme il nous est conseillé). 7,50 € départ cave.

Enfin, du domaine de Laguille (32800 Eauze), encore un 100% Gros Manseng mais en moelleux, rond et langoureux, jamais épais mais toujours sur le qui-vive, le compagnon idéal pour un foie gras mi-cuit (6,80 €).

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